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Tennis : un tour de chauffe

Très éprouvée physiquement après une nuit difficile, Chloé Babet a fait preuve de son courage pour s'imposer en trois sets face à l'anglaise Samantha Vickers - Photo CNOSF
Très éprouvée physiquement après une nuit difficile, Chloé Babet a fait preuve de son courage pour s'imposer en trois sets face à l'anglaise Samantha Vickers - Photo CNOSF
Babet/Vickers, une question de foi

Que ce fut dur ! La performance de Chloé Babet n'est pas forcément révélée par les trois sets nécessaires pour venir à bout de la britannique. Elle tient en effet plus du dépassement personnel que de la qualité tennistique. Malade toute la nuit (« C'est même pas une nuit que j'ai passée ») après une intoxication alimentaire, Chloé se trouvait confrontée à une situation inédite : « j'avais déjà été blessée, mais je n'avais eu à jouer un match en étant vraiment malade. Le médecin avait beau me soigner, ça restait dur, j'avais l'impression que rien ne marchait ». En fait, le match de Chloé s'est plus joué « dans la tête », mais comme elle le précise si bien avec une sagesse sportive déjà accomplie : « si ta tête écoute ton corps t'es mal barrée ». Au premier set, de son aveu même, son jeu tactique n'était pas bon, elle n'arrivait pas à se placer et remisait trop dans l'axe du court sans parvenir donc à la faire bouger », ce qui est primordial en tennis, qui plus est féminin « parce que les filles sont en générales plutôt lentes ». Bref, un premier set difficile face à une adversaire qu'elle ne connaissait pas et qui jouait sa chance avec des balles très hautes : « c'était horrible ».

Une Babet qui grandit
Le drapeau tricolore à l'épaule et le coeur sur la raquette - Photo CNOSF
Le drapeau tricolore à l'épaule et le coeur sur la raquette - Photo CNOSF

Chloé pense même abandonner au début du second set, alors qu'elle mène 3/1. La licenciée du club de Montfermeil dans le 93, en réalité une interne de Roland Garros, avait alors repris son jeu, se mettant en place suivant les conseils d'avant match de son entraineur, Cédric Damman, retrouvant un jeu de jambes et évitant de cogiter sur la maladie. La température ayant perdu quelques degrés aujourd'hui (autour de 30/35°C), Chloé ne s'est pas spécialement sentie gênée par la chaleur, même si à plusieurs reprise, elle dut demander des bouteilles d'une eau qui se réchauffait trop vite, et du Coca-Cola, sa nuit l'ayant déshydratée et sa faiblesse générale nécessitant un regain de sucre.
A 3/1 donc, Chloé à la limite de la rupture s'est donc acharnée, en espérant pouvoir continuer, « pour ne pas avoir fait le déplacement inutilement et pour l'équipe de France ». Son état d'esprit à ce moment là : « finis le set, et tu verras ». La suite ? 4/6 6/1 6/2 donc, et un huitième de finale contre la Slovaque Petra Jurova, victorieuse 6/0 6/0 ( ! ) de l'Azerie Sabina Topchiyaya.

Cédric Daumman a eu peur, mais peut savourer ce lundi au soleil - Photo CNOSF
Cédric Daumman a eu peur, mais peut savourer ce lundi au soleil - Photo CNOSF
Un coach aux anges

Pour Cédric Daumman, qui avoue avoir eu peur à la fin du premier set, Chloé a fait « une super partie » : « Je suis très content, Chloé s'en est sortie avec ses tripes, avec son orgueil. Elle était séchée, les conditions n'étaient pas faciles, avec une chaleur déjà difficile à supporter en pleine possession de ses moyens ». Pour lui, il était important que Chloé garde en tête que « son adversaire ce n'était pas elle mais celle d'en face ». Le risque ? « entrer dans une frustration par rapport au niveau de jeu et ne pas donner tout ce qu'elle pouvait ».
La suite de la compétition est désormais dépendante de l'état de santé de Chloé. Pour Cédric Daumman, l'objectif était de placer Chloé parmi les quatre ou cinq filles réellement compétitives. Désormais, tout dépendra de l'évolution de son état de santé. Mais Chloé n'était pas la seule source de satisfaction du jour...

Gianni et Chloé pratiquent le revers à deux mains, très efficace lors de ce premier tour - Photo CNOSF
Gianni et Chloé pratiquent le revers à deux mains, très efficace lors de ce premier tour - Photo CNOSF

Gianni, la très bonne surprise

Vainqueur du tournoi international du stade français – son meilleur souvenir tennistique – en 2006, Gianni Mina avait hérité d'un tirage au sort difficile pour son premier tour du FOJE : le Croate Gars Turudic, tête de série n°2 et 5ème joueur cadet européen. Mais pour Christophe Daumman, jouer de suite une tête de série, pas nécessairement entré psychologiquement dans le tournoi, pouvait s'avérer une chance. Et Gianni l'a saisie, lui qui avant le match confiait à Chloé Babet que « c'était jouable ».

Après le 6/0 du premier set, Gianni est resté sur sa lancée pour s'imposer 6/4 au second - Photo CNOSF
Après le 6/0 du premier set, Gianni est resté sur sa lancée pour s'imposer 6/4 au second - Photo CNOSF
Et Gianni mina Turturic

Trop confiant, le croate prenait d'entrée Gianni de haut avec une certaine nonchalance qui lui fut fatale. Le Français, originaire de Guadeloupe, prenait pour sa part le service de son adversaire, et renouvelait les breaks jusqu'à 6-0, une roue de bicyclette logique, surtout en cette période de Tour de France. Gianni sentait pourtant qu'il fallait rester sur ses gardes : j'étais content, mais je savais que ce n'était pas fini ». De fait, breaké dès le premier jeu du deuxième set, le Poitevin d'adoption a un moment craint un réveil de son adversaire. Il mit alors à profit ses points forts, le service, son décalage coup droit et surtout une formidable aisance dans la frappe de balle pour conserver ses mises en jeu et reprendre, à 3/1 pour Turudic, le service perdu.

La terre battue, surface préférée de Gianni Mina - Photo CNOSF
La terre battue, surface préférée de Gianni Mina - Photo CNOSF

Une terre conquise

Alternant magnifiques amorties et grossières erreurs, le Croate se montra irrégulier. Gianni, qui confesse ne pas aimer ce genre de situation, pas plus que les balles de Turudic qui rebondissait haut et l'empêchait d'avancer, maintenait la pression en saisissant les lignes et en pratiquant un tennis long qui l'empêchait de développer son jeu.
Finalement victorieux 6/0 6/4, Gianni s'empressait de quitter le court pour téléphoner la bonne nouvelle à son père et à sa sœur de treize ans, également joueuse de tennis, dont Gianni pense qu'elle a tout pour devenir une grande joueuse.

A l'heure où la Fédération Française de Tennis se penche attentivement sur le développement des performances des joueurs français sur terre battue, Gianni Mina qui se sent prédisposé pour cette surface, peut en tout cas rêver à un brillant avenir.