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Les chercheuses d'or

Dans le biathlon français, les génerations se suivent et se ressemblent. Mercredi à Candanchù, sous la neige, Sophie Boilley et Leslie Mercier ont réalisé le doublé sur 6km sprint, en ne commettant chacune qu'une faute au tir pour neuf cibles atteintes au "couché" puis au "debout". Séparées de 6"6 à l'arrivée, leur précision leur a permis de repousser l'Allemande Anne Domeinski, 3e, à plus de 20 secondes.

1 et 2. Sophie Boilley de Valence et Leslie Mercier de Pontarlier, toutes deux 17 ans, ont l'habitude de se côtoyer sur le podium. «Comme en cadettes, en 2005, et dans le même ordre» expliquent-elles. Mais c'était au niveau national. Cette fois, c'est devant les jeunes biathlètes de tous les pays européens qu'elles se sont classées. Des idées pour l'avenir ? «On ne peut pas le dire encore. Nous sommes jeunes, nous suivons nos études, c'est dur à concilier avec le sport de haut niveau, c'est beaucoup de sacrifices, qui sait où nous serons dans 10 ans ? Nous ne pouvons avoir des objectifs que sur le court terme» Car Sophie et Leslie le savent, leur discipline est un sport de maturité, et le chemin est long, très long, vers les grands honneurs internationaux.

En attendant, elles savourent ce résultat, et peaufinent leur tactique pour la poursuite qui aura lieu vendredi. «Nous devons nous allier au départ de la course, faire des relais entre nous, car l'Allemande qui nous suit au classement à 20 secondes, est bien plus rapide que nous sur ses skis» dit Sophie, tandis que Leslie acquiesce. «Ensuite, on verra bien qui sera la plus forte et ce sera chacun pour soi !».

Sophie Boilley
Sophie Boilley
Pour réaliser ce beau doublé, mercredi à Candanchù, sous la neige et sur un terrain «qui brassait beaucoup», Sophie Boilley et Leslie Mercier ont bénéficié de leur réussite au tir. Une seule erreur chacune. «Moi, c'était sur ma 2e balle au premier tir couché» dit Sophie. «Moi aussi !» répond Leslie. Dès lors... «C'est bien mieux de faire une erreur tout de suite, comme ça, on n'a plus la pression du 10 sur 10, on peut se lâcher, sortir du contexte et donner son maximum». Pour assurer le sans-faute au "debout" sous les vivas des autres membres de cette jeune équipe de France du FOJE 2007 accourus en nombre pour les soutenir. «Cela m'a beaucoup aidée» raconte Sophie. «Je me disais : celle là, je la mets pour vous ! Ca me motive énormément de faire plaisir».

Leslie Mercier
Leslie Mercier
Les deux françaises ont tout donné jusqu'à la ligne d'arrivée. «J'avais une excellente glisse aujourd'hui. Avec mon entraîneur, on avait fait le bon choix de skis, le bon fartage. Pourtant, je n'avais pas tellement de jambes. Nous n'avions pas eu d'entraînements de qualité. Sur cette neige molle, mouillée, on accumule la fatigue. Bref, les sensations n'étaient pas au top, mais il y a eu le tir !» explique Sophie.
«Pour ma part, je n'étais pas à l'aise sur les skis, j'ai même failli tomber et dans le dernier tour, j'avais les jambes dures. Mais j'ai réussi à tenir le rythme, et puis avec un 9 sur 10, on est mieux dans sa tête, on est galvanisé» raconte Leslie.

Sophie Boilley pensait au FOJE depuis 2005, car elle savait qu'elle était dans la bonne génération pour le disputer en 2007. Elle en avait fait son objectif principal. Leslie Mercier, pour sa part, n'a été que plus récemment motivée par l'évènement. Pour une approche commune. «Notre première fois en équipe nationale. Notre première course pour la France». Et ce n'est pas encore fini ! «Partir 1ère et 2ème dans la poursuite, cela met un peu de pression. Mais quoi qu'il arrive, désormais, on pourra se dire que nous avons réussi notre FOJE. En tout cas, nous allons donner le maximum ». Paroles de chercheuses d'or...